Jésus vient vers eux. Ça n’est pas d’abord pour éliminer la tempête, c’est tout simplement pour les rejoindre, vivre la tempête avec eux !


EVANGILE
DIX-NEUVIEME DIMANCHE DU TEMPS DE L’EGLISE – A

« Confiance, c’est moi ; n’ayez plus peur !
Pierre prit alors la parole : ‘Seigneur, si c’est bien toi,
Ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux.’
Jésus lui dit : ‘Viens’ »

Matthieu 14, 22-33

J’ai déjà expliqué pourquoi cet épisode est lu deux fois en quelques jours : lundi dernier et ce dimanche. C’est la conjonction entre les Évangiles du dimanche de l’année A, qui sont pris dans l’Evangile de Matthieu et le fait qu’en semaine l’Evangile de Matthieu est lu chaque jour depuis 10ème semaine du temps de l’Eglise (temps ordinaire) jusqu’à la fin de la 21ème semaine.

Jésus, avait rassasié les foules en multipliant des pains (Matthieu 14,13-21). Il est allé prier dans la montagne après s’être assuré que les disciples se sont bien embarqués (cf. Matthieu 14,22). Au milieu de la tempête, un fantôme apparait aux disciples ! Il y a de quoi mourir de peur tellement tout s’acharne contre soi. Les apôtres vivent l’angoisse totale. Le Seigneur n’est pas avec eux dans la barque et voilà que, quelques heures après le moment fabuleux de la multiplication des pains, ils ne maîtrisent plus les événements ni les circonstances qui les entourent.

Jésus vient vers eux. Ça n’est pas d’abord pour éliminer la tempête, c’est tout simplement pour les rejoindre, vivre la tempête avec eux ! Étonnante solidarité de Jésus qui, comme son Père, ne supprime pas l’épreuve mais qui se glisse au plus fort d’elle pour arracher ses disciples à la peur mortifère. En effet, le Maître n’est pas venu apprendre à ses amis comment vivre sans difficultés. Il s’est approché de l’humanité pour lui donner le courage et la force de vivre dans la confiance, même au cœur des épreuves. Jésus est un éducateur hors pair, pourrais-je dire.

En même temps, Jésus manifeste un peu plus sa divinité par sa maitrise des éléments de la création. Il marche sur les eaux (qui engloutissent les êtres humains), il calme la mer et fait cesser le vent de la tempête. Il appartient au monde du divin de qui tout vient et qui maintient dans l’être et maitrise tout ce qui existe. C’est une caractéristique forte de la nature divine du Fils de l’homme. Voilà qui arrache cette profession de foi des disciples « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! » (Matthieu 14,33).

Les récits parallèles de Marc 6,45-52 et Jean 6,15-21. Matthieu seul ajoute la demande un peut intempestive de Pierre et l’acceptation de Jésus, qui permet à Pierre de mesurer que sa confiance doit grandir encore. Matthieu ne manque pas une occasion de mettre Pierre en avant, comme je l’avais expliqué lundi dernier.

Nous avons besoin de ces leçons, et pour nous et pour nos enfants. Nous sommes aujourd’hui en pleine tempête et nous avons fait l’expérience que notre Jésus est là, dans notre cœur, dans notre désir de le rencontrer, dans l’amour pour sa parole qui a grandi beaucoup ces derniers mois. Il n’y a pas une seule tempête dans laquelle Jésus n’est pas avec nous. Néanmoins de nombreuses angoisses étreignent beaucoup de monde aujourd’hui. Comment allons-nous sortir de tout ceci ? Et quand ? Et dans quel état ?

Bien plus, lorsque nous serons revenus « à la normale » si tant est que cela se passe ainsi et que la « normalité » ne couvre pas d’un manteau pudique l’iniquité, la corruption et la misère du plus grand nombre. Mais de toutes façons, nous ferons face, de nouveau, à ce monde qui ne s’occupe pas de Dieu, et aux tentations de vouloir vivre « comme tout le monde ». Notre barque naviguera souvent sans que Jésus ne soit visible à nos yeux de chair. Nous avons besoin de croire que Jésus est « Emmanuel », Dieu-avec-nous, qu’il est maître de tout, même de ce qui nous arrive, et qu’il nous demande seulement de ne douter ni de sa victoire, ni de la sagesse de son enseignement. Rien de ce qu’il nous demande n’est inutile, facultatif ou impossible, si nous restons unis à lui.

Est-ce que c’est cela que je veux vraiment ?


Seigneur Jésus, je crois, viens au secours de mon manque de foi. Donne-moi de croire toujours que tu es là, près de nous, près de moi. Donne-moi de croire que ton Père ne m’envoie jamais une épreuve qui me dépasse, mais qu’il utilise toutes les circonstances pour faire grandir en moi la confiance et la reconnaissance !

Mgr. Emmanuel Lafont


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