Guyanas: «L’Évangile et la non-violence sont les deux faces d’une même pièce»


Curé d’une paroisse de Soweto en Afrique du Sud de 1983 à 1994 au moment de la fin de l’apartheid, aujourd’hui évêque de Cayenne en Guyane, Mgr Emmanuel Lafont estime que l’Évangile est fondamentalement non-violent.

Recueilli par Clémence Houdaille, le 29/12/2016 per La Croix

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La Croix : Le message évangélique est-il fondamentalement non-violent ?

Mgr Emmanuel Lafont : Je suis convaincu de longue date que l’Évangile et la non-violence sont les deux faces d’une même pièce. Rien dans l’Évangile n’autorise la violence, elle n’y trouve aucun fondement, depuis la naissance du Christ, « Prince de la paix », jusqu’à sa mort acceptée sur la croix.

La dernière parole du Christ à Pierre, avant sa crucifixion, « remet ton épée au fourreau » (Jean 18, 11, NDLR), est une parole de non-violence. Dans la logique fondamentale de l’Évangile, la haine et la violence ne peuvent être jugulées que par l’amour et la bienveillance.

Et lorsque Jésus dit qu’il n’est « pas venu apporter la paix sur terre », il dresse le constat que la paix qu’il apporte est rejetée par le monde. Mais lui reste le prince de la paix, comme nous l’avons proclamé à Noël. Il nous invite à être des ferments de paix.

Pourtant, Jésus peut se mettre en colère…

Mgr E. L. : Dire que Jésus est non-violent ne signifie pas qu’il supportait passivement l’injustice. Effectivement, l’épisode des marchands du Temple montre qu’il fait preuve d’une colère évidente : il n’est pas un homme sans émotion, mais il est maître de lui et ne se laisse pas dépasser par sa colère.

La force dont fait preuve le Christ implique une capacité de maîtrise de soi, alors que la violence est une expression de faiblesse. Nelson Mandela, homme de non-violence, était aussi d’une grande force. La non-violence ne demande pas de se résigner mais de se défendre avec d’autres armes. Cela peut aller jusqu’au martyre.

Que disent les Béatitudes sur la violence et son refus ?

Mgr E. L. : Tous les ressorts d’un refus de la violence sont dans le Sermon sur la montagne, qui est la charte du Royaume de Dieu. Jésus y renverse les valeurs de ce monde, en prônant le service, le pardon, la réconciliation, le partage des biens… Plus radical dans l’idéal de paix, on ne trouve pas ! Gandhi lui-même disait que si les chrétiens vivaient réellement les Béatitudes, le monde serait différent.

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